Scène de musiques actuelles
de territoire en ardèche

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Ndobo-Emma, Artiste Associée 2017-2018

CARNET DE ROUTE # 6 | VIVIERS | MARDI 15 MAI 2018

Alsarah se demandait sur scène «what is home ? ». 

Au cœur d'une petite ville, j'ai vécu de bien grandes émotions. De belles couleurs, des mélopées savoureuses, des grands musiciens, beaucoup de frissons. 

L'année arrive à son terme, mais les nouvelles expériences continuent de s'offrir à moi. 

Alors je goûte à tout, j'apprécie les saveurs que m'offre la merveilleuse équipe qui m'accueille.

Un grain de sable a réussi à lui tout seul à enrayer la machinerie toute entière du spectacle. Le soir de la première, fiasco mécanique et grand fracas. Dans l'urgence, la colère ou la frustration auraient presque réussi à me faire croire que rien ne me restait. Faux. Une voix, deux voix, un piano, une guitare. Alors on improvise, plus que partition ou technique, l'art est vie alors, je n'allais pas en rester là. Avec le cœur des gens, et le sourire d'une équipe pour guide. Puis l'heure du bilan et de tourner la page en conscience. Essouflés mais assagis, on passe la montagne avec la joie et les mélopées acrobatiques du grand Sly J en dessert. Reconnaissante. 

 

CARNET DE ROUTE # 5 | ANNONAY | MARDI 24 AVRIL 2018

Les abricotiers du coin laissent bientôt place aux fruits. Et les premiers spectacles sont imminents.

Multitude de rencontre ces derniers mois. Bouffées d'émotions au contact des plus jeunes, leçons de vie auprès des plus anciens. Depuis septembre, on m'a invitée à traverser monts et vallées au sens littéral comme figuré. Tour à tour, je me suis pris des coups de vieux puis des coups de jeunes, des coups de blues puis des cris de joie. D'abord l'organisation, la planification, les échanges de mails, les rendez-vous téléphoniques, les rétroplanning, les notes d'intention, les préparations de séance, les les plans de scène, etc etc etc. Et puis tout à coup, à chaque rencontre ça ne rate pas. Un gamin de cinq ans qui chante à tue-tête la chanson écrite avec ses camarades, une personne âgée qui ferme les yeux et se laisse porter par mon chant. 

Un rire, un sourire, une confession, une conversation passionnante, un gosse enchanté, et le temps d'un battement de cil, je suis gâtée : aujourd'hui, encore une fois le temps s'est arrêté pour mes beaux yeux.

 

CARNET DE ROUTE # 4 | ANNONAY | JEUDI 1er FEV 2018

Des éclats de rire, des sourires, des apostrophes musclées, des questionnements, des doutes, des propositions, des silences, des échanges, des moues, des mouvements, des courses à pied, des mots inventés, des phrases découpées, retaillées, redécoupées, du sur-mesure, de l'expressivité, des bonbons, des pastels, des baskets, des couleurs, du flashy, une galette des rois, du sucre, l'heure du goûter, l'heure de la sieste, j'ai faim, j'ai sommeil, j'ai soif, je chante, une guitare, deux guitare, Thomas, Sandrine, on frappe dans les mains, en anglais, en français, les couleurs, les étoiles, couplet, refrain, couplet, refrain, hop c'est parti, 1, 2, 3, chantez ! 


Je commence à comprendre mes amis professeurs qui disent que leurs élèves les ont ... "changés". 

 

CARNET DE ROUTE # 3 | VIVIERS | JEUDI 9 NOV 2017

VIDÉO à retrouver sur notre page facebouc

Adultes, jeunes adolescents, personnes âgées et bambini. Des saisons différentes et tant de traits communs. La nuit est tombée, et dans le train du retour je m'interroge.

Comment déjouer la timidité ?

Je la comprends. Je ne la juge pas, c'est impensable. 

Mais je vais devoir ruser. J'ignore son origine et  sa signification. Les rencontres se multiplient mais ne se ressemblent pas. Multitude de couleurs, effusion d'émotions. Je devine juste qu'elle peut être très puissante. Et brider. Un homme d'une cinquantaine années hésite autant à plonger qu'une enfant de huit ans, je l'ai vu. Le souvenir des derniers sourires cueillis m'apaise.

J'aime l'art parce qu'il m'apaise aussi. Dans ces belles pierres de l'Ardèche, plus anciennes que le plus ancien d'entre nous, on se reverra.

 

CARNET DE ROUTE # 2 | VIVIERS | LUNDI 6 NOV 2017

VIDÉO à retrouver sur notre page facebouc

My man's not gone now. Corps et cœur tout de même bleutés. Pourquoi ?

J'attends que la solution fasse jour, confiante. Mr Evans, lui, panse mon instant. 

Pause. A Viviers, dans cet ancien hôtel particulier, le quotidien revêt la robe du rêve. 

Je m'y abandonne, je le souhaite. Ce doux moment me repose et m'apaise.

Nappes scintillantes et nuances, les balais ne cessent de chuchoter leur mélodies sans notes. La basse rentre, se heurte, jaillit, ressort. 

Dans ces murs d'un autre siècle, l'expression d'un alter résonne et me remplit.

J'ai retrouvé un peu de mes forces.

My man's not gone now. And a new song is born dans la chair du passé.

 

Carnet de route # 1 | Viviers | Mardi 24 oct 2017

"Chez tonton. L'Ardèche, cette région que j'ai rencontrée il y a six mois, je la découvre encore et pourtant déjà semble-'t'il j'y possède un premier rituel. A chacune de mes visites ici, un crochet chez tonton. Chaque nuit passée sous les pétales de sa marguerite rouge, au cœur de la petite ville de Viviers, est paisible et réparatrice. 

L'Ardèche, cette région que j'ai rencontrée il y a six mois, je la découvre encore et pourtant elle me rappelle à quelque chose que je connais déjà bien. Des odeurs, des couleurs, une certaine nature apaisante. Ma Picardie d'enfance, entre ses champs de betteraves et ses immenses plaines d'un vert outrageusement éclatant. Ici, quelque chose que je ne connais pas encore m'est étrangement familier. J'entrevois des bribes de souvenirs dans la ligne d'horizon de mon futur passé.

Cette Ardèche, cette région que j'ai rencontrée il y a six mois, je la découvre encore mais déjà j'en apprécie furieusement le calme et la douceur. Elle m'arrache au vacarme tonitruant de ma ville d'adoption. 

L'Ardèche, cette région que j'ai rencontrée il y a six mois et que je découvre encore, devient mon ici et maintenant. A chaque nouvelle promenade, sa beauté silencieuse m'enveloppe un peu plus: la joliesse sucrée des volets pastel, des anciennes façades écru... Dans ses ruelles serpentines j'entrevois les lignes floues d'un horizon sereinement nébuleux."