Scène de musiques actuelles
de territoire en ardèche

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Ndobo-Emma, Artiste Associée 2017-2018

Ndobo-Emma sur le web :

 

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https://soundcloud.com/ndobo-emma

www.ndobo-emma.com 



Lauréate en 2016 du tremplin Jazz à Sète et du tremplin Voix de Femmes, 1er prix national "Jeune Talent" du CNOUS et accompagnée par le dispositif départemental d'accompagnement 34 Tours, Ndobo-Emma a réalisé cette année-là une cinquantaine de concerts en solo dans toute la France avec notamment des premières parties pour Jurassic 5, Blick Bassy, Charlie Winston, Marina Kaye, Tété, Rising Tide, Anthony Joseph, Shakura S'Aida, Bachar Mar-Khalifé...

Son premier disque, un EP 5 titres chanté intégralement en anglais, intitulé "Blossoms" est disponible depuis le vendredi 3 mars 2017. Un opus intimiste et à fleur de peau à l’image de ses concerts en solo. Enrichie de ces nombreuses rencontres avec le public, Ndobo-emma a tout naturellement nourri le désir de faire évoluer sa musique en solo vers un second disque  arrangé pour un groupe de musiciens en vue de deux objectifs: toucher un plus vaste public, et proposer son spectacle à une plus large variété de programmations.

Parallèlement aux tournées pour promouvoir son premier disque, elle compose entre janvier et juin 2016, son second opus, un EP 7 titres composé et enregistré entre son  appartement de Montpellier et le studio de Romain Bernat, ingénieur du son et arrangeur, à Poitiers.  Le projet est actuellement  en phase de pré-production et sera enregistré en deux sessions d'une semaine durant l'été 2017. L'objectif est d'entamer le travail de création du nouveau live dès octobre 2017 grâce à l'accompagnement précieux de la SMAC 07,  en vue d'une série de concerts "avant-première" planifiés les 27 et 28 avril 2018, avant la sortie officielle du disque en septembre.

 

Historique de création: l'éclosion du projet

 

En janvier, alors qu'elle est en studio à Poitiers avec des musiciens pour l'enregistrement d'un projet musical parallèle le beatmaker/arrangeur Romain Bernat laisse surgir de ses platines un sample de Michael Franks. "Livin on the inside" claironne le chanteur américain de sa voix aérienne: à l'oreille de la jeune femme, grande amatrice de l'artiste en question ces mots résonnent comme une douce invitation au voyage intérieur, à se laisser bercer par ses rêves... et pourquoi pas à les suivre ? Autour de cet échantillon vocal, le beatmaker et les musiciens (membres du groupe de hip-hop-jazz "Late Notice" , originaire de Montpellier: Pablo Auguste à la basse, Killian Rebreyend et Raphaël Haberer-Proust aux claviers, Roman Escudié à la guitare) collaborent instantanément pour créer une instrumentalisation épurée: tempo très lent, batterie minimaliste, douces et chaleureuses nappes de Rhodes... la rythmique basse-batterie avance d'un pas lourd et sourd, tandis que les claviers planent au-dessus en nappes étirées conférant au titre une ambiance de rêve éveillé. Quelques touches de vibraphone et de guitare électrique viennent achever de faire scintiller le climat délicatement sensuel et jazzy du titre. La boucle est entêtante et commence déjà à obséder la chanteuse. Retrouvant toutes les influences esthétiques qui lui sont chères depuis l'enfance (R'n,b, soul, jazz, avec une légère pointe de hip-hop en raison de l'utilisation du "sampling", et le choix des sons de batterie), elle est touchée par la douce atmosphère de l'instrumentation qu'elle voit éclore sous ses yeux, et se demande immédiatement qu'elle pourrait être la suite des mots du chanteur américain sur ce titre.

De manière inattendue, ce premier morceau devient le véritable point de départ de la création du deuxième opus.

C'est donc très naturellement, dans l'écrin du studio de Romain Bernat, en collaboration avec ses camarades musiciens, que l'écriture en  solo amorce sa transition vers une formule en groupe.

Du côté de l'écriture, la thématique "soufflée" par Michael Francks devient le fil rouge qui inspirera l'écriture des six prochains titres. "Livin on the inside". Ndobo-emma se met en tête d'en explorer les différentes facettes de ce thème de l'intériorité: l'écriture devient dans ce second opus, au travers de sept compositions un moyen d'investir son monde intérieur et du même coup de questionner son rapport au monde "réel", à l'époque auxquels elle appartient, et à sa relation à l'autre.

>Ndobo-emma est également membre du collectif de musiciens Late Notice, fusionnant hip-hop et jazz, et qui sort son 1er album Prismes en septembre 2017.

>Dans son 1er EP paru en mars 2017, Ndobo-emma reprenait déjà « Lotus Blossom » de Michael Franks, issu de l'album One bad habit, publié en 1980.

Description du projet:

 

La création

 

Tout le défi pour moi a été de composer un second opus qui soit dans la continuité du premier, tout en renouvelant ma démarche esthétique. Le groupe sur scène sera constitué de quatre personnes : moi à la guitare et à la voix, un bassiste, un batteur, une claviériste aux choeurs.

Depuis mon premier EP "Blossoms" sorti en mars 2017, et grâce à la soixantaine de concerts que j'ai eu la chance de réaliser, mais aussi depuis ma découverte de certains guitaristes, mon approche de la guitare a également évolué et se veut plus rythmique et "groovy" sur ce disque et les arrangements inviteront sur certains morceaux le public à entrer dans la danse.

Bien que ma musique soit à présent arrangée pour un groupe, j'ai veillé constamment à  conserver cette intimité qui m'est chère avec le public, lors du live: comme dans mon premier disque, la mise en valeur de ma voix, comme vecteur principal d'émotion et de sens, est restée ma priorité absolue. A cet effet, on retrouvera dans le nouveau live quelques passages guitare-voix en solo créés pour l'occasion, comme un rappel  des mes origines musicales: une voix, une guitare, un public.

Le processus: après cette première session en janvier, de février à juin j'ai composé de nouvelles mélodies en solo, puis j'ai enregistré sur mon ordinateur les idées d'harmonies, de guitare, de batterie, basse, synthés, et choeurs. En parallèle, j'ai collecté toutes sortes d'écrits personnels sur le thème du rêve: pour moi le rêve a une puissance inouïe, il me meut au quotidien, me donne les clés pour mieux me connaître et transformer ma vie. De plus, le rêve est doté d'une énergie infinie, il me semble qu'il se nourrit lui-même de l'intérieur.

J'étais curieuse d'explorer certains thèmes liés au pouvoir de l'imagination comme le thème du fantasme, ou de l'illusion. Explorer ce champ de l'intime m'a permis aussi paradoxalement d'interroger mon rapport au monde chamboulé auquel j'appartiens, comme dans une chanson  avec une introduction en guitare-voix comme "Maybe".

Du point de vue, de la composition lors de séances organisées dans son studio, Romain Bernat m'a accompagné pour réaliser des maquettes de qualité (pré-productions) grâce à ses compétences en MAO, en composition et en ingénieurie du son, ainsi que sa connaissance fine des styles musicaux dont je suis une grande amatrice:  r'n'b, soul, jazz, hip-hop... En effet, avec ce second disque, j'ai souhaité me rapprocher un peu plus de mes amours d'enfance. De très nombreux artistes actuels ou anciens, connus ou plus confidentiels mais à l'univers toujours très singulier, m'ont inspirée pour la création des arrangements de cet EP: Sza, Tyler the Creator, Hiatus Kayiote, Gabriel Garzon Montano, Kali Uchis, Franck Ocean, Beyonce, Matt Corby, Steve Lacy, We are King...  Des artistes français plus confidentiels comme les beatmakers Cerval, Meyso (Lomepal, Caballero, Jeanjass...) m'ont également inspirée pour leur compositions toujours aériennes et planantes, ainsi que des artistes  plus anciens comme Isaac Hayes, Sade, ou Michael Jackson, pour leur sensualité et leur approche vocale et interprétative.

Le processus de composition de l'EP témoigne de ce désir fort de conserver le principal trait de caractère de mes concerts depuis le début : la proximité avec le public. Aussi bien dans la composition que dans le traitement du son, ce fût donc pour moi une priorité de veiller à garder au centre de l'attention mon lien le plus fort et le plus direct avec lui: ma voix. La mise en valeur de celle-ci, comme vecteur principal d'émotion et de sens (par le biais des paroles) est restée ma priorité absolue.

 

L'accompagnement proposé par la SMAC 07 coïncide parfaitement avec le planning de création : grâce au travail de résidence sur un an, elle me fournit des outils précieux pour explorer toutes les potentialités scéniques et sonores du live en amont de la sortie du disque, afin de rendre l'expérience du public la plus qualitative possible.

 

Un... Après cette première session en janvier, de février à juin j'ai composé de nouvelles mélodies en solo, puis j'ai recueilli toutes les idées d'arrangements harmonique et rythmique (basse, batterie, thème joué à la guitare, thème chanté à la voix, chœurs, synthés, textes, idées d'effets). Afin de favoriser la création, j'ai également multiplié les sessions en duo avec des compositeurs dont j'apprécie le style. Nicolas Felices (bassiste et compositeur pour Dab Rozer , et bassiste pour divers projets de musiques actuelles : Kudiwa, Llorca ; Antoine Martin, guitariste et compositeur, Sylvain Briat, multi-instrumentiste et arrangeur, ingénieur son : Oceanic Memory, Athénaïs, La Pieta, Scotch et Sofa...).

 

Puis deux...Une fois réalisées les maquettes, est venu le temps de la pré-production. Durant une première session en avril, et une actuellement en juin, Romain Bernat m'accompagne dans la réalisation de maquettes de qualité (pré-productions) grâce à ses compétences en MAO, en composition et en ingénieurie du son, ainsi que sa connaissance fine des styles musicaux que j'ai souhaité intégrer dans ce nouvel opus. Ainsi les morceaux acquièrent leur structure définitive, et son prêts à être réengistrés par les musiciens adéquats.

 

Puis trois, et caetera. Un session d'enregistrement d'une semaine est prévue cet été en août, au studio Kiwi Records à Montpellier, pour finaliser les prises. L'enregistrement final sera supervisé par Romain Bernat, et réalisé par les mêmes musiciens ayant créé cette «  magie » lors de la première session, en raison de leur connaissance et de leur maîtrise des styles auxquels les nouvelles compositions font appel.

 

Du solo... au groupe

 

Après cinq années de concerts en solo, la sortie d'un premier disque en guitare-voix en mars 2017,  le désir de jouer en groupe est petit à petit devenu de plus en plus présent. Le choix du passage au groupe pour le second EP s'est donc imposé comme une évidence.

« D'une part, il me semble que ce désir du groupe est lié à ma formation initiale de danseuse (Prix du conservatoire de Montpellier en danse contemporaine, en 2013, et pratique de la danse hip-hop depuis plusieurs années).  Mon premier rapport à la musique a toujours été celui du corps et du mouvement, par le biais de la danse. Faire évoluer ma musique vers des arrangements plus « groovy » avec une empreinte rythmique plus marquée (d'où l'ajout du classique basse/batterie, modernisé par l'ajout d'un travail de synthés) représente pour moi un moyen supplémentaire de toucher les gens, et de les« embarquer » avec moi, dans le mouvement de la musique, et pourquoi pas dans la danse.

De plus, mes expériences variées de groupe en parallèle de mes concerts en solo depuis quatre ans et quelques collaborations récentes (par exemple, le titre « Whenever » pour Louis Martinez1, ou encore « Photosynth » pour Meyso2..) m'ont permis de prendre conscience de l'ampleur de l'impact qu'un collectif de musiciens peut avoir sur le public. Grâce à mon premier disque et aux concerts  à travers de nombreuses villes de France, j'ai pu expérimenter dans une multitude de contextes la forme du solo. Sans annihiler ce lien très fort qui se construit avec le public durant ce type de concert très intimiste, la dimension collective  du groupe me permettra donc d'enrichir cet échange et de lui donner d'autres reliefs. Et pour le public comme pour mes musiciens... de varier les plaisirs.

 

 

Une question de style ?

 

L'EP fait appel à des styles de musiques variés : Soul, Jazz, R'n'B, Pop, Hip-hop, New-soul, Rock, folk... Pour cette raison, il m'est difficile de définir par un terme unique la musique composite ainsi créée. Selon moi, cette mixité des genres n'est pas une limite, bien au contraire. Elle rend d'autant plus riche l'expérience musicale : elle libère le geste de la composition, mais crée aussi une musique marquée d'une multitude de reliefs et de dynamiques qui rendent plus vivante l'expérience du public, et favorisent l'échange entre les musiciens. Par exemple, un morceau qui démarre en guitare-voix avec un accompagnement new-soul/smooth-jazz, puis est rejoint par l'ensemble du groupe au climax de son énergie, à un moment inattendu de la mesure (What's goin' on). Créer la surprise, mettre à nu ces relief et ces dynamiques sera un axe de travail important durant le travail de résidence. De nombreux albums d'artistes connus ou plus confidentiels, français, anglais et américains m'ont inspiré cette composition protéiforme, emplie de monts et vallées: Sza, Franck Ocean, Tyler the Creator, Kali Uchis, Anna Wise, Daniel Caesar, Meyso, Gabriel Garzon Montano, Beyoncé, Matthew Corby, Anderson Paak, Shuggie Otis, ... Mais aussi des artistes plus anciens comme Isaac Hayes, Carlos Santana, Sade, ou Michael Jackson.

Au delà du solo, je perçois le groupe comme un puissant outil me permettant d'accentuer mes propres nuances, et de franchir un pallier en termes d'expressivité, ce qui je l'espère me permettra de toucher le public d'une manière à la fois nouvelle et accrue.

 

L'écriture : comme un rêve éveillé

 

Depuis le premier EP, j'ai ressenti un désir d'abandonner la thématique classique de l'amour que j'avais explorée durant la composition de ce premier opus. En tant qu'auteure, il me semblait important de chercher à renouveler mon écriture pour évoluer vers quelque chose de différent.

J'ai donc suivi l'impulsion première donnée par Michael Franks en janvier, et me suis attelé à composer une série de textes laissant la part belle au thème du rêve sous autant de formes que possibles : le voyage intérieur, le plaisir de la rêverie dans un train, le pouvoir d'impact de l'imagination sur le monde réel, la représentation fantasmée de soi, ou de l'autre... Par l'écriture, j'ai pu constater l'importance du rêve dans ma vie quotidienne. Explorer ce champ de l'intime m'a permis aussi paradoxalement  d'interroger mon rapport au monde et à l'autre, comme dans la chanson « Dorian » où il m'a semblé possible de faire un lien entre le récit fantastique de Dorian Grey, et la mode omniprésente du selfie, qui joue selon moi le rôle d'autoportrait fantasmé d’aujourd’hui. Ou encore dans la chanson « Livin » qui tente de décrire la puissance inouïe de la musique comme vecteur de rêves, de sensations fortes et comme outil de connaissance de soi.