Scène de musiques actuelles
de territoire en ardèche

Il est une histoire dont on entend parler comme « le secret le mieux gardé du jazz » et dont le héros a fini ses jours en Ardèche… 3 musiciens d’aujourd’hui rendent un hommage grandiose à cet artiste qui œuvra sur toute la chaine de la musique et sur tous les genres du jazz, le seul français qui ouvrit la scène à Coltrane ! De son nom de scène Jef Gilson**… dont l’heure est enfin venue de (re)devenir prophète en son pays !

 

lionel martin : saxophones | fred escoffier : claviers | philippe pipon garcia : batterie | del rabenja : valiha (harpe malgache) 

Si vous aimez : Gilson & Malagasy, Sun Ra, l’afro jazz…

** En octobre 73, Jef Gilson est programmé à la première édition du festival Nancy Jazz Pulsations, sur la même affiche que Ray Charles, Sun Ra, Terry Riley, Hal Singer ou le Brotherhood of Breath de Chris McGregor avec qui Malagasy partageait beaucoup de points communs. Jef y portait même plusieurs casquettes. « Jef Gilson était programmé en tant qu’artiste sur deux prestations : en sextet avec Malagasy (NdA : et non en quartet comme annoncé sur le programme officiel, avec donc Sylvain Marc, Del Rabenja, Frank Raholison, Jef Catoire et Mami Rakotofiringa en remplacement de Ange Japhet), puis une messe œcuménique pour les jazzmen disparus au cours de laquelle Malagasy jouait avec les 18 choristes du choeur Montorgueil, se souvient Claude-Jean Antoine, l’un des fondateurs et actuel président du Nancy Jazz Pulsations. Mais il était aussi engagé en tant qu’ingénieur du son pour tous les concerts qui jouaient sous le chapiteau. »

Théâtre municipal

Viviers

VIVIERS 07220

04 75 90 17 84

PALM UNIT

 

Sur Place : 15€ | Prévente : 13€ | Adhérent : 11€ | Réduit : 9€ | Jeune : 6€

 

Afro Jazz

Il est une histoire dont on entend parler comme « le secret le mieux gardé du jazz » et dont le héros a fini ses jours en Ardèche… 3 musiciens d’aujourd’hui rendent un hommage grandiose à cet artiste qui œuvra sur toute la chaine de la musique et sur tous les genres du jazz, le seul français qui ouvrit la scène à Coltrane ! De son nom de scène Jef Gilson**… dont l’heure est enfin venue de (re)devenir prophète en son pays !

 

lionel martin : saxophones | fred escoffier : claviers | philippe pipon garcia : batterie | del rabenja : valiha (harpe malgache) 

Si vous aimez : Gilson & Malagasy, Sun Ra, l’afro jazz…

** En octobre 73, Jef Gilson est programmé à la première édition du festival Nancy Jazz Pulsations, sur la même affiche que Ray Charles, Sun Ra, Terry Riley, Hal Singer ou le Brotherhood of Breath de Chris McGregor avec qui Malagasy partageait beaucoup de points communs. Jef y portait même plusieurs casquettes. « Jef Gilson était programmé en tant qu’artiste sur deux prestations : en sextet avec Malagasy (NdA : et non en quartet comme annoncé sur le programme officiel, avec donc Sylvain Marc, Del Rabenja, Frank Raholison, Jef Catoire et Mami Rakotofiringa en remplacement de Ange Japhet), puis une messe œcuménique pour les jazzmen disparus au cours de laquelle Malagasy jouait avec les 18 choristes du choeur Montorgueil, se souvient Claude-Jean Antoine, l’un des fondateurs et actuel président du Nancy Jazz Pulsations. Mais il était aussi engagé en tant qu’ingénieur du son pour tous les concerts qui jouaient sous le chapiteau. »

Détail des groupes

PALM UNIT

 

Question : Quel est le seul artiste français à avoir ouvert pour John Coltrane (au Festival d’Antibes / Juan Les Pins en 1965), à figurer sur la fameuse liste des disques à écouter avant de mourir de Nurse With Wound, à avoir lancé le futur gotha du jazz français dans ses orchestres (Texier, Ponty, Lubat, Portal, Vitet, Vander et beaucoup d’autres), à avoir été remixé, joué et compilé par Four Tet, à être aujourd’hui plébiscité et collectionné par Gilles Peterson (Worldwide), Thurston Moore (Sonic Youth) ou Dan Snaith (Caribou) et dont l’œuvre a fait l’objet de plusieurs compilations chez l’excellent label de réédition anglais Jazzman Records ?

 

Réponse : Le chef d’orchestre/compositeur/pianiste/arrangeur/technicien son/producteur/chanteur/professeur/critique et label manager Jean-François Quiévreux aka JEF GILSON, qui démarra sa carrière en jouant clandestinement du jazz sous l’Occupation avec Boris Vian et la termina en 2002 à cause d’une attaque qui le laissa partiellement paralysé du côté gauche. Il s’éteindra dix ans plus tard, à 85 ans passés, le 5 Février 2012.

 

En plus d’un demi-siècle de carrière, Jef Gilson aura donc occupé à peu près tous les postes possibles et inimaginables dans la musique. Son nom côtoyait ceux de John Coltrane, Oscar Peterson, Sun Ra ou Ray Charles sur les affiches des 60s/70s, il a enregistré la nouvelle (avant-)garde dans son studio (Byard Lancaster, Archie Shepp, David S. Ware…) et il a surtout joué le jazz sous toutes ses coutures, des plus traditionnelles aux plus abstraites.

 

Et pourtant tout le monde -ou presque- semble l’avoir oublié : Jef Gilson est le grand absent des livres d’Histoire.

 

Pour être tout à fait honnête, même le saxophoniste Lionel Martin (uKanDanZ), le claviériste Fred Escoffier (Le Sacre du Tympan) et le batteur Philippe « Pipon » Garcia (Erik Truffaz Quartet) n’en avaient jamais entendu parler, avant que le producteur et label manager Antoine Rajon ne leur propose cet hommage en montant PALM UNIT (double clin d’œil au label Palm que Jef avait créé dans les 70s, et au Gilson Unit, nom sous lequel son band avait sorti un disque sur Futura en compagnie du saxophoniste américain Sahib Shihab). Antoine Rajon a eu une longue histoire d’amitié avec Jef Gilson dès le milieu des 90s, et a même été le premier à rééditer une partie de son œuvre sur le défunt label Isma'a en 2004.

 

Cette relative virginité du trio, mêlée à la grande connaissance du producteur, était ce qui pouvait arriver de mieux à cet hommage. Le groupe joue sans a priori, et de manière totalement décomplexée, le répertoire de Gilson, en le réinventant tout en gardant la substance originelle. Les claviers sonnent presque psychédéliques (pas si loin parfois du jeu d'Eddy Louiss sur les disques des 60s de Jef), le sax griffe, miaule et minaude, tandis que la batterie fait swinguer l'ensemble. Même le joueur de valiha (petite harpe malgache) Del Rabenja, invité d'honneur du PALM UNIT qui a fait partie de l'orchestre de Jef Gilson dans les 70s et qui figure donc sur plusieurs disques essentiels estampillés Palm, a été surpris de redécouvrir ces morceaux toujours aussi modernes des décennies après leur création.

 

Jef Gilson a souvent été trop en avance pour son époque. L'heure est enfin venue.

  

Jérôme « Kalcha » Simonneau