Scène de musiques actuelles
de territoire en ardèche

Ce grand (pré)nom de la chanson a le don de marquer les esprits de sa voix, de ses mots… de son immense élégance ! 2018 est l’année d’un diptyque qui exprime deux facettes de l’artiste Dominique A. Après un 1er opus rock & électrique, le voici de retour pour les 1ères représentations d’un album acoustique et intimiste.

Si vous aimez :
Miossec, Alain Bashung, Gérard Manset…

1ère partie avec Nicolas Paugam.



En partenariat avec le Centre Culturel Les Quinconces de Vals-lès-Bains

Les Quinconces

Vals les Bains

VALS LES BAINS 07600

04 75 37 49 21

Dominique A + 1ère partie Nicolas Paugam

 

Plein : 29 € | Réduit : 27 € | Abonnement : 25 € | Abo / Adhérent : 23 € | Moins de 15 ans : 18 €

 

CHANSONS

Ce grand (pré)nom de la chanson a le don de marquer les esprits de sa voix, de ses mots… de son immense élégance ! 2018 est l’année d’un diptyque qui exprime deux facettes de l’artiste Dominique A. Après un 1er opus rock & électrique, le voici de retour pour les 1ères représentations d’un album acoustique et intimiste.

Si vous aimez :
Miossec, Alain Bashung, Gérard Manset…

1ère partie avec Nicolas Paugam.



En partenariat avec le Centre Culturel Les Quinconces de Vals-lès-Bains

LA FRAGILITÉ / DOMINIQUE A

Au départ, une guitare
Au départ de La fragilité, il y a une guitare acoustique : une guitare achetée à l'époque de La mémoire neuve1, une guitare bon marché. Usée par les années et les tournées, la rosace explosée d'y avoir tant accueilli les rythmes tendus d'« Antonia »2, la guitare reposait depuis plusieurs années dans le coin d'une pièce de sa maison. Pour La fragilité, Dominique A l'a retrouvée. Il a recommencé d'en jouer telle quelle, sans songer à en remplacer les cordes de nylon fatiguées, voire même à la remplacer tout court par une guitare au son plus noble, à la condition plus fraîche. Sa sonorité un peu brute, presque rudimentaire, a finalement offert au disque sa couleur, son humeur : une douceur qui ne verse pas pour autant dans la joliesse, une rondeur qui rechigne, une simplicité qui rapproche.

Deux saisons
L'année 2018 voit paraître deux albums de Dominique A. Toute latitude, disque d'hiver3, et La fragilité, disque d'automne, s'y succèdent, et offrent un saisissant raccourci du mouvement qui semble traverser la musique du chanteur depuis bientôt trente années : une oscillation entre intimisme et grandes échappées sonores, solitude et aventures collectives, simplicité et recherches orchestrales.
Toute latitude est tendu, lacéré d'éclairs électriques, aux cieux visités d'orages et nourri des rythmiques sourdes et électroniques qui traversent tout le disque tels un sinueux courant sous-terrain. Il est un disque de groupe, une course serrée de meute.
Alors, La fragilité est l'occasion de respirer, et ses textures plus vaporeuses laissent passer quelques brises légères, filtrer des lumières plus tamisées, des teintes plus claires. On y retrouve les climats apaisés, emprunts de la douceur et du classicisme d'Eleor4. Dominique A s'y retrouve seul, comme on souffle après une longue course, et prend son temps. Si les fondations de Toute latitude étaient les programmations d'une boîte à rythme, La fragilité voit sa trajectoire guidée par le son acoustique de cette guitare finalement retrouvée.
Initialement pensé comme un disque exclusivement acoustique et interprété à la guitare seule, La fragilité se pare malgré tout de quelques pistes supplémentaires : d'autres guitares (folk ou électriques, aériennes, réverbérées) ainsi que quelques rythmiques – toutes les parties y sont jouées par le seul Dominique A - qui tissent des liens ténus avec Toute latitude. D'autres relations existent entre les deux disques, dans les thèmes explorés par les chansons, telles l'enfance, la ruralité (« Désert d'hiver » alors, « Le grand silence des campagnes » à présent), ou encore la guerre (là « La clairière », ici « Le ruban »).
Rien d'étonnant à cela : les chansons de Toute latitude et de La fragilité sont écrites sur une même période. En 2016 et 2017, en fonction des jours, Dominique compose tantôt à partir de la boîte à rythmes, tantôt à partir de la guitare acoustique, et c'est ce qui oriente les chansons vers un disque ou un autre, détermine leur interprétation à venir.
La fragilité semble le pendant lumineux de Toute latitude : on y entend, si l'on prête l'oreille, un apaisement, une certaine célébration de la beauté des choses et du monde, une contemplation heureuse de paysages (« Le temps qui passe sans moi »), dont certains remontent à l'enfance (ceux de Loire Atlantique, dans « Comme au jour premier », ou ceux que l'on découvre lors de voyages, médusé, comme à Majorque : « La splendeur »).

La solitude ou presque
Les titres de La fragilité sont entièrement interprétés par Dominique A et enregistrés chez lui sur une console huit pistes. C'est le troisième album que l'artiste enregistre ainsi : après le fondateur La fossette (1992), La musique (2009) fut lui aussi enregistré dans la plus stricte intimité. La plupart des chansons sont des premières prises : il y en eut bien d'autres, mais ce sont toujours les premières versions qui savent conférer aux chansons ce sentiment d'intimité, d'immédiateté, de simplicité – d'une certaine juvénilité retrouvée ? - recherchées par le chanteur. Le son, l'esprit dont il est en quête, mais cette fois sur la durée de tout un album, est celui de la chanson « Rue des marais »5, une première prise enregistrée à la maison, avec les moyens du bord. L'intimité, encore une fois, l'urgence et la sincérité, et le chant qui se penche vers l'enfant que l'on fut. Il semble que l'enjeu pour Dominique A n'est pas de se renouveler à tout prix mais de creuser intelligemment un même sillon, explorer de manière étonnée le même univers, en révéler les reflets changeants, au fur et à mesure que la lumière du temps y dépose ses rayons.
Puis Dominique, accompagné de Géraldine Capart et Dominique Brusson, se rend dans un studio analogique pour le mixage : il s'agit alors de réchauffer le son en passant les pistes sur bande, lui offrir l'épaisseur du grain, une grâce matérielle. Le studio est trouvé par Brusson, ingénieur du son et complice de Dominique A depuis une vingtaine d'années : le Coxin'hell, au bord de la Méditerranée, dont les larges fenêtres semblent lavées par le bleu de la mer. L'enregistrement s'y déroule en novembre 2017 – une semaine et des poussières, et la vieille console de la cabine du studio apporte le grain espéré... le son est là. S'est déposée, sur les voix, une légère réverbération, l'écho du temps qui vient de s'écouler, des fleurs qui insensiblement se fanent : la fragilité.

Nicolas Paugam

Nicolas Paugam trace un sillon hors sol dans le paysage musical français. Remarqué  avec son premier groupe Da Capo par le label pionnier Lithium qui a écrit les plus belles pages de la pop VF ( Dominique A - Diabologum ...), Nicolas Paugam godille depuis plusieurs albums (Aqua Mostlae - Mon Agitation - Boustrophédon ) dans les eaux intranquilles d'une signature et d'une voix singulière. Déroutant , inclassable , ensorcelant, Nicolas Paugam avec un sens aigu de l'écriture tantôt fantasque ( " Mon chou "), volubile (" Surmenage à Paris") et néanmoins si proche de notre quotidien ( " Le dortoir du bon dieu") trace un itinéraire passionnant. Le mieux est de se plonger dans ses chansons mille-feuilles où se logent mélancolie , grâce et sensibilité. Cet artisan ultra-productif ( Il n'est pas fou de vivre) dévoile dans sa pop tropicale et champêtre les contours d'un chanteur attachant et sincère. Ses mots généreux habillent sa musique virevolante qui convoquerait Nino Ferrer, Vassiliu, Milton Nascimento et Michel Legrand autour du feu.

-Olivier Durand-