Scène de musiques actuelles
de territoire en ardèche

Si l’appellation Black Panther sonne mieux en anglais, c’est bien en français que Casey déploie sa puissance féline et soigne son rap de fille d’immigrés… Avec l’intelligence et la précision, la rage et la force qui peuvent caractériser la bête libérée, elle exploite le savoir des « Damnés de la Terre » dans une poésie née de l’urbanité et de la conscience brute transmise notamment par ses aînés de La Rumeur.

+ 1ère partie avec Secteur Jeunesse MJC d’Annonay 

 

Si vous aimez : La Rumeur, le collectif Anfalsh, Frantz Fanon…

à noter !

 

Rap local

La soirée sera ouverte par les jeunes du Studio Rap du Secteur Jeunesse de la MJC d’Annonay.


Un lieu est dédié et aménagé pour les jeunes dans le cadre de cet atelier au sein de la MJC, nouvellement installé au Château de Déomas. Cet espace de musique est conçu pour que les jeunes puissent, à partir d’un ordinateur et d’un micro, composer, enregistrer et mixer leurs musiques et leurs sons. C’est un espace de rencontre commun aux jeunes qui chantent, composent et écrivent. Ils ont la possibilité de créer, de sortir une maquette, de tourner des clips et d’être accompagnés dans leurs projets. La MJC leur offre la possibilité de s’exprimer et de partager avec d’autres jeunes leurs ressentis et leur passions.
Ouvert tous les jours de la semaine, le studio peut se réserver sur des créneaux de 2 heures.

La Presqu'île

Annonay

ANNONAY 07100

04 75 33 15 54

CASEY + 1ère partie MJC Annonay

 

Sur Place : 15€ | Prévente : 13€ | Adhérent : 11€ | Réduit : 9€ | Jeune : 6€

 

Rap français

Si l’appellation Black Panther sonne mieux en anglais, c’est bien en français que Casey déploie sa puissance féline et soigne son rap de fille d’immigrés… Avec l’intelligence et la précision, la rage et la force qui peuvent caractériser la bête libérée, elle exploite le savoir des « Damnés de la Terre » dans une poésie née de l’urbanité et de la conscience brute transmise notamment par ses aînés de La Rumeur.

+ 1ère partie avec Secteur Jeunesse MJC d’Annonay 

 

Si vous aimez : La Rumeur, le collectif Anfalsh, Frantz Fanon…

à noter !

 

Rap local

La soirée sera ouverte par les jeunes du Studio Rap du Secteur Jeunesse de la MJC d’Annonay.


Un lieu est dédié et aménagé pour les jeunes dans le cadre de cet atelier au sein de la MJC, nouvellement installé au Château de Déomas. Cet espace de musique est conçu pour que les jeunes puissent, à partir d’un ordinateur et d’un micro, composer, enregistrer et mixer leurs musiques et leurs sons. C’est un espace de rencontre commun aux jeunes qui chantent, composent et écrivent. Ils ont la possibilité de créer, de sortir une maquette, de tourner des clips et d’être accompagnés dans leurs projets. La MJC leur offre la possibilité de s’exprimer et de partager avec d’autres jeunes leurs ressentis et leur passions.
Ouvert tous les jours de la semaine, le studio peut se réserver sur des créneaux de 2 heures.

Détail des groupes

On sait qu'à chaque nouvelle apparition de Casey, des oreilles s'ouvrent et d'autres sifflent, des bouches se ferment et d'autres se délient. C'est une saine conséquence de la loi naturelle de cette oeuvre humaine qu'est le hip-hop, celle qui veut que les artistes majeurs de ce courant musical constamment caricaturé par des médias petits-bourgeois marquent au fer rouge plusieurs générations d'auditeurs quand les pleurnichards de service, les gangsters gonflables ou les rebelles de salons encombrent brièvement les poubelles de nos mémoires. Et comme le bon hip-hop est forcément subversif, brut de décoffrage avec une attention toute particulière pour l'impact des mots, on peut le consommer ad vitam aeternam, sans qu'aucune lassitude ne naisse avec les années.

Chez Casey, l'addiction pour le hip-hop est apparue à la fin de son calvaire à Rouen. Grâce à son cousin et les cassettes audio sur lesquelles il enregistrait le fameux Deenastyle de Radio Nova, elle découvre l'armada américaine de la fin des années 80 et les premiers balbutiements du rap en français. Le déclic est immédiat et un déménagement en région parisienne finit de mettre le feu aux poudres de sa créativité. L'écriture, le rap deviennent indissociables de sa vie et des moyens d'expression adéquats pour faire jaillir toute la rancoeur qu'elle éprouve à l'encontre d'une société fondamentalement inégalitaire et capable des pires atrocités et entorses à ses propres lois pour maintenir la domination des puissants.
Cet état des lieux tragique aux quatre coins de la métropole et des D.O.M.-T.O.M., masqué grossièrement par des médias aux ordres depuis des décennies, Casey ne l'a jamais accepté.  Spécial Homicide, son 1er groupe, portait évidemment dans sa substantifique moelle une envie
de rébellion. Et ce n'est donc pas une surprise si en 1995 sa première trace discographique, le morceau "Ligne 2 Mire" avec Ator sur la compilation "L"Art D'Utiliser Son Savoir" de Desh, laisse transparaître sans arrondi d'angle l'aversion de Casey pour l'ordre établi qui entretient les souffrances du prolétariat de Fort-de-France (sa famille est originaire de la Martinique) à l'Île-de-France.

La verve contestataire de Casey rencontre le grand public dès 1997 avec la compilation "L 432" sur laquelle elle offre un titre solo fondateur et une combinaison également remarquée avec Polo et Ékoué (La Rumeur). La fronde hip-hop est officiellement lancée dans un univers de plus en plus récupéré par l'argent et les multinationales mais qui ricoche sans conséquence sur le blindage de celle qui est déjà le fer de lance en France du rap sans concession. Déjà, ses connexions (en dents de scie) avec le label Dooeen' Damage, ou avec les membres de La Rumeur lui offrent un cadre structurant et stimulant pour marquer les esprits ramollis par le déferlement du rap consensuel. Les apparitions et collaborations se succèdent (Les Nubians, Less' Du Neuf, La Clinique…), d'ailleurs presque toutes disponibles depuis peu sur la mixtape "Hostile Au Stylo", mais toujours pas d'album en vue. En 2001, avec le collectif Anfalsh dont elle est membre cofondatrice, déboule le premier volume des contondantes compilations "Que D'La Haine" qui finit de certifier le refus de toute compromission dans son hip-hop.
Humble mais férocement jusqu'au-boutiste, Casey dézingue preuves à l'appui le colonialisme et le racisme mal digérés des institutions françaises et de ses hauts fonctionnaires, la misère crasse dans laquelle on laisse macérer les quartiers populaires, toutes les inégalités qu'entretient cyniquement le capitalisme pour tenir à sa merci une main d'oeuvre docile mais aussi la vacuité et la traîtrise de nombreux rappeurs hexagonaux totalement rentrés dans le rang, passés du statut d'épouvantails crypto-bolcheviks à celui de bouffons de la cour.

La saga Anfalsh enclenchée, la productivité studio de Casey est décuplée. Le nouveau millénaire voit se développer une féconde scène contestataire qui rompt avec la routine que les radios et télés se complaisent à programmer, vidant de tout sens et fragilisant durablement la scène hip-hop hexagonale. En 2004 et 2005, nouvelles déflagrations insurrectionnelles en compagnie d'Anfalsh avec les volumes 2 et 3 de la série "Que D'La Haine" qui sont les derniers coups de semonce avant une véritable prise d'assaut médiatique de l'année 2006.
Alors que son public toujours plus nombreux se languissait de pouvoir mettre entre ses oreilles le premier album de Casey, sortent coup sur coup un maxi ("Ennemi De L'Ordre"), un CD récapitulatif additionné de 10 inédits ("Hostile Au Stylo") et le désormais classique "Tragédie D'Une Trajectoire" dont les 12 morceaux corrosifs lui permettent d'accéder à une
large reconnaissance médiatique.

Avec un franc-parler de franc-tireur, une aisance littéraire de tribun, Casey y déploie une radicalité de propos rarement entendue dans le troupeau de rappeurs qui tentent bon gré mal gré de survivre à la déconfiture du marché du disque, mortelle pour beaucoup. De "Pas À Vendre" à "Quand Les Banlieusards Sortent" en passant par "Ma Haine" ou "Mourir Con",
Casey confirme que rien ni personne, et surtout pas une multinationale du disque ou un quelconque petit censeur, ne lui dictera ce qu'elle doit dire, ce qu'elle doit faire. Les rimes sont cinglantes, le propos intransigeant, les attaques sur tous ceux qu'elle conchie subtiles mais
irrémédiablement fatales. Héry, Laloo ainsi que Soul G et le vétéran Stofkry accompagnent magistralement et sobrement les idées noires de Casey. Et avec le poignant "Chez Moi" où elle relate avec affection et colère retenue la passion que lui inspire La Martinique, son île
originelle meurtrie par les conséquences indélébiles de l'esclavagisme et d'une gestion inique bricolée depuis Paris, elle élargit encore son audience aux quatre coins de la francophonie.

En 2010, après la réussite en 2009 de sa greffe au projet "L'Angle Mort" du groupe de rock Zone Libre qui lui fait arpenter la France pour une tournée de plus de 70 dates, revoilà Casey au front avec son 2e album solo : "Libérez La Bête". Cette fois intégralement produit par Laloo et Héry et précédé du définitif single "Apprends À T'Taire", ce nouvel opus confirme sans bémol possible l'intransigeance et l'exigence de l'une des plus intègres figures de la scène hexagonale. Écoutez "Aux Ordres Du Maître" (avec Al de Matière Première), "Créature Ratée", "Marié Aux Tours", "Sac De Sucre", "À La Gloire De Mon Glaire", "Primates Des Caraïbes" (avec B.James et Prodige d'Anfalsh) ou n'importe lequel des six autres morceaux et vous comprendrez instantanément l'acuité du titre "Libérez La Bête". Loin d'être apaisée par la déliquescence et l'égoïsme débilitant de nos sociétés dites modernes, en attente impatiente d'un monde meilleur qu'on nous confisque davantage jour après jour au nom du confort d'inaccessibles actionnaires, Casey bondit une nouvelle fois à la gorge de ceux qui la répugnent. La bête est lâchée, elle n'est pas prête à capituler !


Yann CHERRUAULT
INTERNATIONAL HIP-HOP™