"Si tout n'est pas rose et que le lâcher-prise laisse transparaître les cicatrices, il est également salutaire, la preuve que la musique, quand elle est sincère, répare et surtout renforce."
Pour que l'inspiration explose, jaillisse, il faut parfois laisser cohabiter le pire et le meilleur. La musique de Championne a surgi d'un déclic, d'un besoin furieux d'exprimer les questionnements, les instants de bonheur et les idées noires, d'un seul trait. Son rock ne consent donc à aucune concession. Originaire de Rennes, Mathilde Lejas de son vrai nom a passé plusieurs années à arpenter la scène locale, jouant partout en France ainsi qu'à l'international. Dans cette frénésie, elle a côtoyé les instants de joie intense, mais également les peines et les frustrations. Avec ce nouveau projet, elle s'approprie entièrement le contrôle de sa musique. Parce que les doutes emmagasinés, lorsqu'ils sont enfin domptés, peuvent être transformés en puissance artistique.
Au sein de ses précédentes formations, Mathilde Lejas a appris, s'est affirmée artistiquement, sans pour autant échapper au paternalisme ambiant d'une scène rock très majoritairement masculine. Si les expériences tout à fait fructueuses ont majoritairement rythmé ce riche passé musical, elle a dû, comme beaucoup de femmes, lutter pour être pleinement considérée. Jusqu'à la pousser à douter de sa légitimité. Alors qu'elle était au plus bas, que la musique semblait être un rêve filant que seul les dominants pourraient embrasser, elle a subitement ressenti le besoin d'écrire, de se relever et de tout recracher sans fioritures. Peu importe la langue : si l'anglais est une gymnastique plus cérébrale, le français, lui, passe directement du cerveau au stylo, de la gorge au micro, sans filtre. En utilisant les deux, Mathilde Lejas se mue peu à peu en Championne.

